Ateliers

*atelier #10

L'adaptation et le point de vue

Ludovic Chazaud

Du 6 au 16 septembre 2022, 48 heures / Théâtre Saint-Gervais, Genève

Horaire: du mardi au vendredi, de 10h à 17h

*Inscription possible dès le 21 juillet 2022*

Que l’objet source soit une image, un article, un événement, un roman, un film ou encore une pièce voire même une improvisation, l’adaptation théâtrale est un espace qui questionne le point de vue. Une adaptation se doit de préciser ce qui souhaite vraiment être raconté ainsi que à qui elle s’adresse. Toute adaptation artistique est légitime, mais celles-ci doivent avoir conscience d’un décalage qu’elles proposent vis à vis de l’objet source. Ce décalage est un acte d’affirmation de son propre geste artistique, d’affirmation de son propre point de vue.

A l’aide de jeux de plateau, d’exercices d’acteur·rice, jeux de paroles et petit jeux d’écriture, ainsi que des propositions de textes préadaptés par mes soins que nous essayerons d’interpréter, nous allons nous amuser à explorer les multiples points de vue possibles que l’on peut donner d’une courte œuvre littéraire.

Selon moi, tout est bon pour raconter, mais chaque choix que nous faisons dévoile notre point de vue sur un objet source. Que ce soit l’outil narratif, le dialogue, le son, que ce soit la conjugaison d’une phrase, le pronom qui est utilisé pour raconter, mais aussi le regard, la place que l’on donne aux spectateurs et spectatrices, tout est outil, jouet, pour définir notre point de vue et le point d’où l’on souhaite que l’œuvre soit vue. Nous essayerons de jongler avec ces différents outils afin d’en explorer les conséquences sur ce que cela raconte à celleux qui regardent, comment cela les changent, les déplacent, les posent comme critiques ou comme simple observateur·ices.

Socrate aurait dit « ce qui fait l’être humain c’est sa grande faculté d’adaptation » *je choisis ici d’adapter la citation en langage inclusif. Une façon d’affirmer mon propre point de vue, ouais.

LUDOVIC CHAZAUD * parlera de lui dans les lignes qui suivent à la troisième personne du singulier ce n’est pas quelque sorte d’arrogance mais bien plutôt une adaptation littéraire de son parcours à la sauce minibio.

Il vit et travaille en Suisse comme metteur en scène, pédagogue, acteur et auteur de textes théâtraux, père, amour et ami. Après avoir suivi un cursus universitaire (Arts du spectacle) et l’école de La Scène sur Saône à Lyon il intègre la HETSR en 2006.  Les plus heureux d’entre vous l’auront vu joué dans les créations de Lilo Baur, Georges Grbic, Joël Maillard, Julien Basler et Andrea Novicov, il assistera le travail de ce dernier à plusieurs reprises. En 2009 il a créé la Cie Jeanne Föhn, il y monte des textes d’auteur comme L’Étang de R. Walser ou Couvre-feux de D.G. Gabily. C’est d’ailleurs au cours de la création sur ce récit qu’il se rend compte qu’il aime transposer des œuvres non dramatiques sur scène et poursuivra pour le plateau l’adaptation de divers récits, œuvres de fiction, documentaires ou témoignages. Ses spectacles oscillent entre narration et incarnation affutant la parole des acteur·ices, aimant jouer des codes d’adresse, des temps de parole, créant des pièces vibrentre (oui vibre/entre mouhaha) la réalité du plateau et le mensonge de la fiction ou le mensonge du plateau et la réalité de la fiction. Il ne sait plus très bien. Diable !

En 2015, le canton de Vaud attribuera à Jeanne Föhn un Contrat de confiance. Ludovic enseigne aussi régulièrement dans diverses structures (Le Théâtre du Loup, Le CFP art, Les Classes préprofessionnelles du CMG) où il peaufine son travail d’écriture lors de création pro avec les élèves (Rien ad.de Jane Teller, On n’est pas des Cerises…). En 2020 le spectacle Sara, mon histoire vraie (1) sera sélectionné aux Plateaux interéseaux et aux Rencontres du Théâtre suisse, comme l’avait été Couvre-Feux en son temps. Ludovic est aussi auteur de différents textes commandés par des compagnies indépendantes. Il partage aujourd’hui sa vie entre enseignement pour la jeunesse, son travail de directeur de compagnie, d’auteur, ses engagements d’acteur et surtout sa famille.

 

*atelier #11

Clown et idiotie

Alexandra Gentile

Du 27 au 30 octobre 2022, 24 heures / Casino-Théâtre de Rolle

Horaire: à déterminer

*Inscription possible dès le 10 septembre 2022*

L’art du clown est un outil théâtral riche car il travaille sur des aspects essentiels de la pratique d’acteur·rice : le plaisir du jeu, l’authenticité, le goût du risque et la liberté sur un plateau.Pour le·la clown – cet être socialement inadapté – tout est prétexte ou opportunité au jeu. C’est avec son imaginaire, ses émotions et ses pulsions qu’iel bâtit son monde, ses lois et ses utopies. Puisque le·la clown ne possède pas nos codes, iel offre un regard neuf sur nos valeurs et nos modes de fonctionnements humains. Et ce décalage ouvre un champ des possibles vertigineux pour l’acteur·rice qui découvre un autre rapport au plateau.Pour le·la clown, comment est perçu l’échec ? La réussite ? La beauté ? L’acte de représentation en lui-même ? Que vient faire cette créature sous nos yeux ?Le travail du clown permet de revenir à des fondamentaux techniques comme la respiration, le regard, l’ancrage et le contact à l’autre (partenaire ou public).D’autre part, pour chaque acteur·rice, c’est une enquête personnelle, intime et sans compromis. Cette recherche de savoir-être constitue une zone de risque, de fragilité où nos défauts deviennent des qualités et notre volonté de maîtrise peut s’avérer être un frein.    

ALEXANDRA GENTILE * Après des études en Lettres à l’Université de Lausanne, Alexandra Gentile se forme au théâtre au Conservatoire de Genève puis à l’Accademia Teatro Dimitri au Tessin. Comédienne multilingue, elle travaille dans le milieu du théâtre en Suisse (SAT - Théâtre du Galpon, Cie FRAKT’, Cie Tout Outre, Cie Neurone Moteur, Opernverein Zurich).Elle oriente sa recherche vers l’interdisciplinarité des arts vivants tout en continuant à se former et à élargir ses pratiques scéniques en art du clown (Vincent Rouche, Catherine Germain, Hélène Vieilletoile, Rebecca Bonvin, Fred Robbe), danse contemporaine, théâtre d’objet et chant polyphonique. En 2020, elle met en scène Pourritures, duo de clown contemporain à la Parfumerie de Genève.En dehors du plateau, elle transmet sa passion pour le théâtre, la danse et le clown par le biais de stages et workshops pour adultes. 

 

*atelier #12

Un cadeau

Marion Duval

Hiver 2023 / lieu à déterminer

Horaire: à déterminer

*Inscription possible à l'automne 2023*

Faire un cadeau, passer un message, montrer un numéro, relever un défi : le simple fait de venir se mettre devant des gens et prétendre donner un spectacle est tellement problématique en lui-même, source d'ambiguïtés, d’accidents, de tension et de plaisir, qu'il génère une large matière de jeu à explorer. Au besoin, nous pourrons aussi le faire à plusieurs, affirmer haut et fort des choses douteuses voire fausses, oser déclencher des situations de jeux insolvables, assumer aussi longtemps que possible des positions intenables, reconnaître nos erreurs et demander pardon (publiquement). Ainsi, de temps en temps, le sentiment d'être ridicule et inapproprié devrait pouvoir se transformer en sensation de puissance. Au sein de ma compagnie « Chris Cadillac », sont nés des outils, inspirés par le travail du clown, qui permettent d'instaurer une confusion entre réalité et fiction, de brouiller les frontières entre plaisir, gêne et débordement, d'établir un dialogue (explicite ou non, mais constant) avec tous les présents. Il s’agira d’expérimenter à partir de ces outils, et, à mi-parcours, de définir ensemble les pistes et les objectifs pour les jours suivants.  

MARION DUVAL * Après une formation en danse au Conservatoire de Nice, Marion Duval commence le théâtre puis le clown. En 2009, elle est diplomée de la Manufacture (HETSR). Depuis, elle a joué pour Joan Mompart, Andrea Novicov, Barbara Schlittler, Robert Sandoz, Youngsoon Cho Jaquet, Aurélien Patouillard (Pachinko, Hulul) ou Marco Berrettini (IFeel3, Sorry do the tour again). Elle fonde rapidement la compagnie Chris Cadillac et crée Hello (2009), Las Vanitas (2011) et Médecine Générale (2013) - en collaboration avec Florian Leduc, le solo Au feu ! (2015), Claptrap (2016) - un duo avec Marco Berrettini, Cécile (2019) – en collaboration avec Luca Depietri, Avant la retraite (2020) de Thomas Bernhard - co-mis en scène et co-interprété avec Camille Mermet et Aurélien Patouillard. Les pièces se jouent en salle ou dans l'espace public et proposent un théâtre qui rit de ses propres conventions pour férocement interroger l’inavouable, le pathétique et le fantasmagorique en chacun de nous. 

 

ATELIERS  PASSÉES / SAISON #2

*atelier #5

Le son : technique et dramaturgie 

Cédric Simon

18,19, 25, 26 janvier 2022, 24 heures / L'Oriental-Vevey

Horaires: 10h-17h

*L'atelier #5 est complet!*

Les participant·es seront amené·es à apprivoiser le vocabulaire lié au son et à acquérir les bases techniques de la création et de la diffusion sonores, mais également à aborder les enjeux dramaturgiques du son afin de mettre la technique au service de la création.
L*atelier, réservé à huit participant·es, s’adresse à tout créateur·rice des arts de la scène désireux d’ouvrir sa conscience sur les possibilités offertes par la technique ou simplement d’explorer la création sonore. Il sera possible de développer un projet personnel, qu’il soit encore à l’état d’ébauche ou de rêverie — ou même déjà bien avancé. Les participant·es qui souhaitent seulement acquérir de nouvelles compétences, sans travailler autour d’un projet personnel, sont également les bienvenu·es.

CEDRIC SIMON *est né en 1983 en région parisienne. Après avoir mené à bien une formation technique en audiovisuel (Brevet de Technicien Supérieur), il se lance dans des études de théâtre à Paris. En 2006, Cédric intègre la Haute Ecole de Théâtre de Suisse Romande - La Manufacture à Lausanne, il y poursuit sa formation de comédien. Aujourd’hui il alterne les fonctions de technicien son, compositeur musical & comédien principalement pour le théâtre. En tant que comédien, Cédric a notamment travaillé sous les directions de Gisèle Salin, Dorian Rossel, Massimo Furlan, dric Dorier, Ludovic Chazaud, Georges Grbic et Maëlle Poesy. Depuis 2014, Cédric œuvre régulièrement aux spectacles du Collectif du Loup. Comme technicien son et musicien, il signe en particulier les créations sonores des compagnies Jeanne Föhn, Chris Cadillac, Face Public, Le pavillon des singes et Sköln At Thtr. Son travail de création sonore se situe à la frontière entre musique et paysage sonore.  

 

*atelier #6

Créer en collectif

Collectif La colle (Yan Duyvendak, Fig Docher, Océan Schaub, Romane Serez)

Du 1er au 4 février 2022, 16 heures / Maison de Quartier de Chailly, Lausanne

Horaires : 10h-17h

Le Pass sanitaire 2G est obligatoire pour accéder à la Maison de Quartier de Chailly

*L'atelier #6 est complet!*

Depuis septembre 2020, sous le nom de La colle, FigDocher, Yan Duyvendak, Océan Schaub et Romane Serez explorent les logiques et les articulations de ce qui fait collectif et cherchent à développer une boîte à outil destinée à la collaboration. La colle invitera douze participant·exs à participer à cette recherche, à découvrir et à partager des connaissances, que ce soit en détournant et en se réappropriant les outils de l’entreprise qui capitalisent sur la collaboration, mais aussi en se nourrissant des expériences collectives qui nous précédent, des recherches dans le champ de la psychologie systémique et de la sociologie, ou de nos expériences personnelles. Pour ce faire, il s’agira de tester des protocoles de collaboration et de découvrir et inventer des outils pour faciliter et animer les rencontres, se rassembler autour d'objectifs communs, résoudre des conflits ou même apprendre à se séparer. réfléchir, discuter et déconstruire les notions de collectivisme, d’individualisme, de capitalisme et d’anarchie et de la place du collectif dans la lutte politique ou dans la création artistique. 

YAN DUYVENDAK * est un artiste-performeur qui développe des dispositifs scéniques, sortes de jeux de société à l’échelle 1:1, qui s’attachent à décortiquer la manière dont nous, citoyennexs, nous débattons avec les modèles sociétaux et l’engagement politique et social. Ses deux créations les plus récentes, invisible et VIRUS, s’intéressent à la constitution du collectif et à comment la collaboration et l’empathie peuvent amener à des formes possibles d'empowerment. Dans tous ces projets, la co-signature et la collaboration font intrinsèquement partie du travail. 

FIG DOCHER * est photographe et cherchaire dans les épistémologies de l’image et du genre. Actuellement en master d’arts visuels à la HEAD, iel propose des ateliers collaboratifs de photo qui s’inscrivent dans les pédagogies critiques. Iel s’intéresse au potentiel politique et révolutionnaire des pratiques collectives dans l’art comme dans la vie quotidienne.  

OCEAN SCHAUB * est une artiste joyeuse engagée dans la création d’alternatives aux systèmes d’oppressions (capitalisme, spécisme et patriarcat particulièrement). Ses recherches s’ancrent dans les territoires, mettent en lumière les relations de pouvoir qui s’y déroulent et y proposent des autrements. Elle s’intéresse particulièrement aux échelles de la maison, de l’intime, du collectif et du faire commun. Sa pratique met en dialogue céramique, peinture, bricolage et recherches en théorie politique normative, anthropologie visuelle et géographie critique.   

ROMANE SEREZ * est un artiste non-binaire suisse. Le militantisme intersectionnel et les luttes contre les systèmes de discriminations font partie intégrante de sa pratique artistique qui s’articule principalement autour de l’écriture, de la performance et de l’édition. Iel a fondé les Éditions Tordues, une maison d’édition anarcho-queer qui cherche à valoriser la pratique d’un art local, communautaire et anticapitaliste.  

 

*atelier #7

Théâtre et Feldenkrais

Julie-Kazuko Rahir et Christian Geffroy-Schlittler

du 1er au 11 mars 2022, 48 heures/ Comédie de Genève

Horaires : du mardi au vendredi, de 10h à 17h

*L'atelier #7 est complet!*

Julie-Kazuko Rahir et Christian Geffroy-Schlittler proposent dans cet atelier de découvrir une étape de la recherche qu’ils mènent dans le cadre de la Mission Recherche de la Manufacture qui vise à explorer certains outils de la méthode Feldenkrais applicables au travail scénique.
La méthode Feldenkrais propose à l’acteur·ice un processus de recherche autonome : comment peut-on générer soi-même ses propres connaissances, comment peut-on continuer à apprendre à apprendre, comment peut-on alimenter son travail à partir de ses propres ressources.   Ouvert à tous les praticiens de la scène (danseu.r.se.s, performeu.r.se.s et commédien.ne.s), cet atelier tentera d’aborder la pratique scénique par une approche somatique au travers de questions que notre recherche induit et que nous essayerons de résoudre concrètement sur scène : Comment éviter les pièges du dualisme corps/esprit et insuffler une dynamique où sentir, agir, imaginer, penser constitue le cœur de nos pratiques ?
Comment s’affranchir de « ce qu’il faudrait faire » pour se concentrer sur la création scénique d’une relation à soi, aux autres, au plateau, au public ?
Comment penser certaines contraintes comme des opportunités de libération ?
Outre la pratique quotidienne de leçons Feldenkrais, nous expérimenterons différentes manières de réinvestir ces outils somatiques sur scène et de découvrir le processus créatif sous un nouvel angle.

JULIE-KAZUKO RAHIR * est comédienne et praticienne diplômée de méthode Feldenkrais (IFELD, Lyon). Elle intervient régulièrement à l’école de Théâtre des Teintureries à Lausanne ainsi qu’à la Manufacture dans le cadre de stages et cours réguliers de méthode Feldenkrais pour le bachelor danse et le Master mise en scène et scénographie.

CHRISTIAN GEFFROY-SCHLITTLER * est comédien et metteur en scène et intervient régulièrement à la Manufacture.

Ils dirigent ensemble une compagnie théâtrale basée à Genève, L’agence Louis-François Pinagot (aLFP) qui allie étroitement créations théâtrales, travail de recherche (tout d’abord à propos du pathos de 2009 à 2013, puis maintenant théâtre et Feldenkrais), formations professionnelles et actions culturelles. Ensemble, ils ont mis en scène « La caméra qui parle », spectacle de sortie de l’école Serge Martin, au Théâtre Saint-Gervais à Genève, en juin 2021.

 

*atelier #8

La présence des anges 

Gabriel Dufay

Du 19 au 29 avril 2022, 48 heures / Théâtre Benno Besson, Yverdon

Horaire: du mardi au vendredi, de 10h à 17h

*Les inscriptions sont closes. Le stage est complet.*

« L’ange ne va sur la scène, il passe par la scène ; l’ange est soudainement là, avec sa présence invisible, et passe de manière aussi invisible et soudaine par la scène du texte et des acteurs, pour disparaître encore une fois, invisible. Tout va finir dans un moment. Une présence invisible est apparue. Et a disparu. Pourtant elle a laissé sa trace sur ceux qui ont pu faire l’expérience de ce qui est arrivé de manière inexplicable. » Jon Fosse

Cela fait longtemps que je me passionne pour le théâtre scandinave et je propose, dans ce stage, d’explorer plusieurs courtes pièces de deux des dramaturges les plus importants de ce théâtre : Arne Lygre et Jon Fosse. Ces petites pièces inédites sont de pures merveilles, donnant à l’interprète et au metteur en scène un cadre rigoureux tout autant qu’une liberté inouïe. Le principe de la pièce courte au théâtre me fait penser à celui de la nouvelle en littérature. Pour moi qui explore les courants souterrains, les tropismes de la langue et la présence des fantômes sur la scène, ces écritures me ravissent. Comment faire vivre en peu de temps un personnage, une histoire, tout un monde caché ? C’est une des questions que je me pose et que j’ai à cœur de partager avec les comédiens et comédiennes au cours de cet atelier. L’enjeu est ici d’aller au nerf (des relations, de l’intrigue, de l’écriture) et de découvrir comment les anges passent par la scène, dans les interstices, entre mots et silence, vivants et morts, ténèbres et lumières. Fosse et Lygre vont ici au nerf de son œuvre et nous délivrent des poèmes singuliers, des épures, resserrant leur propos pour n’en garder que l’essentiel. Les fantômes, les anges, la mémoire et le temps sont au centre de ces œuvres qui parlent avant tout, pour moi, de la vulnérabilité des êtres, et nous invitent à une empathie fondamentale.

GABRIEL DUFAY *est un comédien, metteur en scène et auteur. Après une formation au CNSAD, en 2008, il crée la Compagnie Incandescence. En tant que comédien, il joue sous la direction de Jean-Paul Wenzel, Wajdi Mouawad, Emmanuel Bourdieu, Denis Podalydès, Othello Vilgard, Pauline Masson, Célie Pauthe, Alain Françon, Igor Mendjisky, David Géry, Baptiste Guiton… En tant que metteur en scène, il a créé des textes de Thomas Bernhard, Nathalie Sarraute, Roland Schimmelpfennig, Jon Fosse, Robert Desnos, Falk Richter, Kae Tempest, Stefano Massini… Il prépare actuellement un spectacle sur Brigitte Fontaine. Il est également l’auteur d’entretiens avec Denis Podalydès et Michel Bouquet, ainsi que de Hors jeu (Les Belles Lettres/Archimbaud, 2014). 

 

*atelier #9

Théâtre in situ

Oscar Gomez Mata

L’atelier est coordonné par Jean-Daniel Piguet

Du 26 juin au 3 juillet 2022 / Negrefoyt, Aveyron (France)

Horaire: en continu (logement et repas sur place)

Le budget à prévoir pour participer à l’atelier est de 120 euros pour la semaine, incluant le voyage et les repas
(+ frais d’inscription : prix libre, dès 80 francs)

*Inscription possible du 26 avril 2022 au 26 mai 2022*
Merci d'écrire en quelques lignes les raisons de votre intérêt pour cet atelier lors de votre inscription
Attention, le stage se déroule en Aveyron (France)
Infos pratiques, dont il faut tenir compte pour l'inscription :

Horaires détaillés
Voyage aller, le 26 juin
Atelier sur place, du 27 juin au 2 juillet
Selon l’horaire de travail suivant :
de 10h à 13h
Pause repas de 13h à 14h30/15h
puis de 15h à 19h
Repas vers 21h
Voyage retour, le 3 juillet

Transport
L’atelier se déroulera dans le hameau de Negrefoyt, qui se situe dans la campagne aveyronnaise, à 7h de route en voiture de Lausanne.
Parmi les participant.e.s, nous cherchons encore 3 voitures pour faire le voyage. Le prix du trajet A/R est évalué à 60 euros/passager.
(Lors de votre inscription, nous vous remercions de bien vouloir nous indiquer si vous possédez un véhicule, et si, le cas échéant, vous seriez prêt.e à faire le trajet avec.)

Logement
Durant l’atelier, vous serez logé.e. dans une charmante maison, qui dispose de 4 chambres doubles et 1 salon-dortoir. Le logement sera donc partagé.
Si vous préférez dormir seul.e, vous pouvez amener une tente pour camper alentour (merci de nous le préciser lors de l’inscription) ; un matelas pourra être fourni pour plus de confort.

Repas
Les repas de midi seront préparés par un restaurant local (méli mélo de légumes et dessert) ; la *FC* prend à sa charge les coûts de ce repas de la mi-journée.
Quant aux petits-déjeuners et aux repas du soir, ils seront préparés par le groupe des participant.e.s ; un tournus de cuisine sera mis en place. Les frais de participation aux repas sont de 60 euros/personne pour la semaine.

 

Descriptif de l'atelier
Aujourd’hui plus que jamais, la création scénique contemporaine doit être l’endroit de l’art où nous devons nous demander: que faisons-nous ici et maintenant. L’art scénique comme exercice pour penser la vie. L’art comme lieu de reconnaissance et formation. Nous, artistes, nous devons inventer un art social, profond, ludique et utilitaire.

Les physiciens disent qu'il n'y a pas de réalité qui ne se situe en dehors de la relation entre l'observateur et l'objet observé. Si nous appliquons cette idée au théâtre, cela voudrait dire qu'il n'y aurait donc pas de pièce absolue, mais une construction multiple et intime de la pièce faite par le public. Impossible alors d'imposer sa vérité, impossible d'imposer une seule vision de la pièce, de notre création. Alors si c'est ainsi, si la pièce ne peut exister sans le public, rendons celle-ci au public !

Dans mon cas, tous les moyens sont bons pour mettre la pièce entre les mains du public : l'ambiguïté entre le faux et le vrai, la fragilisation volontaire de la structure, des transitions, de l'image de l'être humain, l'humour comme moyen d'accès sensoriel à la pensée, l'aspect improvisé et « fait sur place » du jeu et du dispositif scénique pour renforcer l'idée de présent, la citation d'événements actuels et locaux et leur introduction dans le contexte de la pièce, l'adresse directe et l'idée d'accident, l'utilisation du déplacement physique comme moyen de déplacement de la pensée. Tout ce dispositif doit servir à activer le regard du spectateur et le rendre critique. Il s'agira pour lui de décider de l'image qu'il veut voir. C'est une manière de lui rendre sa responsabilité dans la construction du réel, de le rendre créatif, mais c'est aussi l'obliger à prendre position. Activer le regard du spectateur avec l'objectif (politique) de lui rendre sa capacité et sa raison de citoyen : le théâtre comme exercice de la vie.

OSCAR GOMEZ MATA * Metteur en scène et comédien, mais aussi auteur et scénographe, Oscar Gómez Mata débute ses activités théâtrales en Espagne où, en 1987, il est cofondateur de la Compagnie Legaleón -T, avec laquelle il crée un bon nombre de spectacles jusqu’en 1996. Il crée à Genève en 1997 la Compagnie L’Alakran, dont il est le directeur artistique et pour laquelle il signe les mises en scènes, la conception et la dramaturgie ou les textes. Il joue également dans certaines de ces créations qui sont coproduites par des théâtres suisses et étrangers et qui tournent sur les scènes de France, d’Espagne, d’Italie, du Portugal et d’Amérique Latine. En résidence artistique au Théâtre Saint-Gervais Genève de 1999 à 2005, ainsi qu’aux Subsistances de Lyon en 2006, Oscar Gómez Mata intervient également en tant que formateur et pédagogue, à l’école Serge Martin, dans le cadre des Chantiers nomades (structure française de formation continue pour professionnels du spectacle), ainsi que pour le Master en pratique scénique et culture visuelle organisé par l’Université de Alcalá (Madrid) ou les rencontres professionnelles de danse. Il est intervenant régulier à la Manufacture – Haute École de théâtre de Suisse romande (HETSR) depuis 2013. Il a été Lauréat 2018 des prix suisses du Théâtre. 

JEAN-DANIEL PIGUET * est metteur en scène. Il crée des spectacles qui questionnent le potentiel fictionnel de la réalité qui nous entoure (Passe, Pas Perdus, Memoria Libera, Partir). Il travaille avec plusieurs ami·es artistes en tant que collaborateur artistique, dramaturge ou performer (Mélina Martin, Oscar Gomez Mata, Rémi Dufay, Camille Mermet, Yan Duyvendak, Mélanie Gobet, Maxime Gorbatchevsky, Floriane Mésenge). Aimant interroger le lien entre théâtre et société, il suit deux parcours de la Marmite – mouvement artistique, culturel et citoyen- en tant qu’artiste associé. En 2020, il est lauréat de la Bourse Leenaards.