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L'adaptation, le point de vue
Ludovic Chazaud

Du 6 au 16 septembre 2022, 48 heures / Théâtre Saint-Gervais, Genève

Horaire: du mardi au vendredi, de 10h à 17h

Prix libre, dès Fr. 40.–

 

⟩ Les inscriptions sont closes

 

Que l’objet source soit une image, un article, un événement, un roman, un film ou encore une pièce voire même une improvisation, l’adaptation théâtrale est un espace qui questionne le point de vue. Une adaptation se doit de préciser ce qui souhaite vraiment être raconté ainsi que à qui elle s’adresse. Toute adaptation artistique est légitime, mais celles-ci doivent avoir conscience d’un décalage qu’elles proposent vis à vis de l’objet source. Ce décalage est un acte d’affirmation de son propre geste artistique, d’affirmation de son propre point de vue.

A l’aide de jeux de plateau, d’exercices d’acteur·rice, jeux de paroles et petit jeux d’écriture, ainsi que des propositions de textes préadaptés par mes soins que nous essayerons d’interpréter, nous allons nous amuser à explorer les multiples points de vue possibles que l’on peut donner d’une courte œuvre littéraire.

Selon moi, tout est bon pour raconter, mais chaque choix que nous faisons dévoile notre point de vue sur un objet source. Que ce soit l’outil narratif, le dialogue, le son, que ce soit la conjugaison d’une phrase, le pronom qui est utilisé pour raconter, mais aussi le regard, la place que l’on donne aux spectateurs et spectatrices, tout est outil, jouet, pour définir notre point de vue et le point d’où l’on souhaite que l’œuvre soit vue. Nous essayerons de jongler avec ces différents outils afin d’en explorer les conséquences sur ce que cela raconte à celleux qui regardent, comment cela les changent, les déplacent, les posent comme critiques ou comme simple observateur·ices.

Socrate aurait dit « ce qui fait l’être humain c’est sa grande faculté d’adaptation » *je choisis ici d’adapter la citation en langage inclusif. Une façon d’affirmer mon propre point de vue, ouais.

 

LUDOVIC CHAZAUD * parlera de lui dans les lignes qui suivent à la troisième personne du singulier ce n’est pas quelque sorte d’arrogance mais bien plutôt une adaptation littéraire de son parcours à la sauce minibio.

Il vit et travaille en Suisse comme metteur en scène, pédagogue, acteur et auteur de textes théâtraux, père, amour et ami. Après avoir suivi un cursus universitaire (Arts du spectacle) et l’école de La Scène sur Saône à Lyon il intègre la HETSR en 2006.  Les plus heureux d’entre vous l’auront vu joué dans les créations de Lilo Baur, Georges Grbic, Joël Maillard, Julien Basler et Andrea Novicov, il assistera le travail de ce dernier à plusieurs reprises. En 2009 il a créé la Cie Jeanne Föhn, il y monte des textes d’auteur comme L’Étang de R. Walser ou Couvre-feux de D.G. Gabily. C’est d’ailleurs au cours de la création sur ce récit qu’il se rend compte qu’il aime transposer des œuvres non dramatiques sur scène et poursuivra pour le plateau l’adaptation de divers récits, œuvres de fiction, documentaires ou témoignages. Ses spectacles oscillent entre narration et incarnation affutant la parole des acteur·ices, aimant jouer des codes d’adresse, des temps de parole, créant des pièces vibrentre (oui vibre/entre mouhaha) la réalité du plateau et le mensonge de la fiction ou le mensonge du plateau et la réalité de la fiction. Il ne sait plus très bien. Diable !

En 2015, le canton de Vaud attribuera à Jeanne Föhn un Contrat de confiance. Ludovic enseigne aussi régulièrement dans diverses structures (Le Théâtre du Loup, Le CFP art, Les Classes préprofessionnelles du CMG) où il peaufine son travail d’écriture lors de création pro avec les élèves (Rien de Jane Teller, On n’est pas des Cerises…). En 2020 le spectacle Sara, mon histoire vraie (1) sera sélectionné aux Plateaux interéseaux et aux Rencontres du Théâtre suisse, comme l’avait été Couvre-Feux en son temps. Ludovic est aussi auteur de différents textes commandés par des compagnies indépendantes. Il partage aujourd’hui sa vie entre enseignement pour la jeunesse, son travail de directeur de compagnie, d’auteur, ses engagements d’acteur et surtout sa famille.